Suite de l'interview de Sébastien Rabuel
L’intermodalité peut-elle contribuer à améliorer le cadre de vie en ville ?
Oui, principalement grâce au potentiel de redistribution de l’espace public au profit des voies cyclables, des couloirs bus ou des espaces verts. Selon la dernière Enquête Ménage Déplacements menée à Lyon, l’intermodalité représente 2 à 3% des déplacements. Cela parait faible mais en valeur absolue cela représente un nombre non négligeable de voitures en moins en ville (circulation et stationnement). De plus, contrairement aux idées reçues, les usagers du train habitent relativement près des gares ce qui donne des opportunités fortes d’usage de la marche ou du vélo pour aller prendre son train. Ainsi, près des transports collectifs, l’aménagement d’espaces sécurisés pour les vélos et les piétons pourrait être plus utile que la construction d’un parking, par exemple.
Quelles conditions peuvent favoriser l’intermodalité ?
En France la tendance est aux grands pôles d’échange, où l’on trouve bus, tramway, métro… mais la lisibilité et le cheminement piétons ne sont pas toujours simples. Il faut trouver le meilleur fonctionnement possible pour bien orienter les usagers.
La difficulté d’un système de vélo en libre-service est de garantir la disponibilité des vélos à proximité des lieux de correspondance. Cette difficulté restreint le potentiel d’intermodalité TC + VLS. En revanche, il y a sans doute beaucoup à gagner sur l’intermodalité TC + vélo classique, grâce notamment au développement de stationnement vélo sécurisé. Le partage de la voirie doit aussi être étudié. A Paris, cela a été développé, notamment grâce au développement de la pratique du vélo auquel Vélib’ n’est pas étranger. Le système de vélo en libre-service est un élément déclencheur.